Essoufflement des Modèles Traditionnels
Gouvernance et Démocratie
Philosophie et Humanisme
Environnement et Ecologie
Sociétés Traditionnelles et Inclusion
Travail et Contrat Social
Savoir et Education
Economie et Technologie

Pourquoi les Modèles de Gouvernance Traditionnels Montrent leurs Limites ?
La Démocratie Athénienne (508-322 av.JC) et la République Romaine (509 -27 av.JC) restent nos modèles du bien-vivre ensemble. Pourtant, cette Démocratie et cette République excluaient les femmes, les étrangers et les esclaves – soit 90% de la population.
Les Républiques Méditerranéennes de Venise et de Gênes (XIIᵉ au XVIᵉ siècle) privilégiaient les conquêtes territoriales, l’asservissement des populations autochtones et servaient les intérêts d’élites oligarchiques.
Quant au texte originel de la Constitution Américaine (1787), fondé sur le principe de Liberté, il cohabitait avec l’esclavage et reposait sur une contestable représentativité.
Contrairement aux idées reçues, les modèles classiques de gouvernance révèlent ils des limites marquées par l’exclusion et la domination ? Dans les faits, ne sont-ils pas construits sur des inégalités – remettant en question leur universalité et leur volonté de justice ?
Gouvernance et Démocratie : Réinventer les Modèles pour un Futur Inclusif
Au siècle des Lumières, le concept de peuple éclairé renvoyait à une vision noble d’une population instruite, capable de raison et de discernement, vue comme essentielle pour une participation citoyenne saine.
Aujourd’hui, il semble que les gouvernants perçoivent le peuple comme une foule dangereuse qui exprime violemment frustrations et passions. Cette approche a favorisé l’émergence du concept de populisme, une sorte de réponse politique aux aspirations populaires.
Le populisme moderne se traduit aussi par le rejet des élites, incapables de comprendre les problèmes du quotidien et d’incarner fidèlement la volonté du peuple. Le gouvernement par le peuple pour le peuple est donc tout à la fois un idéal et une source d’inquiétude.
La remise en question des modèles de représentativité, source d’instabilité institutionnelle, n’apparaît elle finalement comme un danger démocratique ? Comment interpréter ce paradoxe originel inhérent à une gouvernance démocratique ?
Philosophie et Humanisme : les Racines de l’Humanocratie
La philosophie humaniste place l’Humain au centre de toute réflexion. Érasme (1459-1536) et Montaigne (1533-1592) considèrent ainsi que la raison, la liberté et l’égalité sont les fondements d’une société éclairée.
Au siècle des Lumières, Rousseau (1712-1778) évoque, dans son Contrat social, une volonté générale guidée par la recherche du bien commun. Voltaire (1684-1778), de son côté, plaide pour la tolérance et la liberté individuelle, idées qui se heurtent aux élites et aux structures de pouvoir qui maintiennent les hiérarchies. Kant (1724-1804), avec son principe de l’être humain comme fin en soi, critique toute instrumentalisation de l’individu au profit d’intérêts privés ou institutionnels.
Mais cette quête de progrès moral et de sens se retrouve en décalage face aux logiques d’efficacité et de profit privilégiées dans les sociétés contemporaines, capitalistes et libérales.
Ces tensions ne soulignent elles pas les défis d’une gouvernance fondée sur la dignité universelle ? Comment réduire le fossé entre les humanistes reconnus et les réalités politiques modernes – identifié notamment par des penseurs critiques tels Marx (1818-1883) ou Hannah Arendt (1906-1975) ?
Environnement et Ecologie : Une Gouvernance Centrée sur le Planète et l’Humain
La planète connaît une crise écologique sans précédent. Le réchauffement climatique entraîne sécheresses et catastrophes naturelles d’une intensité et d’une fréquence inédites, faisant des millions de victimes dans le monde. La pollution de l’air, des sols et des océans impacte gravement les écosystèmes et la santé humaine, tandis que la raréfaction de l’eau douce menace la survie de nombreuses communautés.
Les populations les plus démunies, pourtant directement affectées, luttent pour leur survie quotidienne quitte à oublier les priorités environnementales. À l’inverse, les élites économiques et politiques, souvent protégés des effets immédiats, s’engagent dans des débats sur les solutions globales sans saisir l’urgence sociale sous-jacente.
Ces écarts d’expérience et de perception soulignent le besoin d’une approche écologique qui réponde autant aux besoins vitaux des plus vulnérables qu’aux impératifs globaux de préservation environnementale. La fin du mois ou la fin du monde ?
Comment construire des solutions durables prenant en compte le respect de l’humain et de la nature, intégrant justice sociale et préservation environnementale ? Comment garantir un avenir où chacun puisse vivre dignement dans un environnement sain et préservé ?
Sociétés Traditionnelles et Inclusion : Leçons pour une Gouvernance Humanocratique
Les traditions de peuples comme les Kayapo, les Maoris et les communautés africaines montrent que les concepts d’inclusion humaine et de responsabilité écologique sont enracinés dans des pratiques anciennes. Le Kaitiakitanga maori et l’Ubuntu africain incarnent des visions de société où l’individu se définit dans sa relation avec l’Autre et avec la nature.
En Inde, la philosophie de l’Ahimsa (non-violence) promeut un respect total de toute forme de vie. Ce principe est appliqué non seulement aux relations humaines mais aussi à la terre, aux plantes et aux animaux, incitant à une vie en harmonie avec le monde naturel. En Australie, les Aborigènes pratiquent le concept du Temps du rêve. Les terres sont investies d’un sens sacré. Les Aborigènes se voient comme les gardiens temporaires de cette terre, responsables de la préserver pour les générations futures.
Dans les îles du Pacifique, les peuples polynésiens pratiquent le Tapu, un code de protection de certains lieux, ressources ou espèces. En instaurant des zones préservées et des périodes de repos pour les ressources naturelles, ces communautés assurent une gestion durable de leur environnement. En Amérique du Sud, les Aymaras pratiquent le principe de Suma Qamaña (bien vivre), qui valorise un équilibre entre l’individu, la communauté et la nature. Pour eux, bien vivre signifie vivre en harmonie avec la Pachamama (la Terre Mère), rejetant l’accumulation de richesse matérielle au profit d’une existence respectueuse des ressources naturelles.
Malgré les avancées technologiques et l’explosion de la population mondiale, ne pouvons nous puiser dans les savoirs ancestraux des solutions humanistes et écologiques pour demain ?
Travail et Contrat Social : Redéfinir les Règles dans une Humanocratie
Depuis toujours, il semble que La France déteste le travail. La noblesse, qui a eu le pouvoir jusqu’à la Révolution française, avait même l’interdiction de travailler. Plus récemment, le combat syndical a associé le travail au tripalium, instrument de torture utilisés par les Romains pour punir les esclaves. Dans l’inconscient collectif, le pays préfèrerait donc l’Elégant au Laborieux…
Cette vision est d’autant plus étonnante, que, dans le même temps, la France est fière de son modèle social. Or, le fameux Contrat Social, qui porte la solidarité nationale (santé, retraite, aides sociales, éducation…), n’est-il pas la somme de tous les contrats de travail ? En ce sens, la feuille de paie matérialise à elle seule l’ensemble des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu du travailleur. Ce qui invite à repenser le travail non pas comme un simple échange économique, mais comme un engagement envers la communauté, où chaque emploi participe au bien commun.
Redonner ses lettres de noblesse au travail implique de garantir à chaque individu la possibilité de vivre dignement de son activité. Corolaire : les travailleurs Français doivent pouvoir s’offrir des biens et des services réalisés par des travailleurs Français. Il s’agit alors de reconsidérer l’ensemble des travailleurs pauvres, notamment ceux des métiers du soin et du lien. À une époque où l’intelligence artificielle menace tous les métiers de l’intellect, il devient essentiel d’interroger la pyramide des rémunérations.
Le travail, longtemps dénigré, ne serait-il pas au contraire un pilier pour la subsistance, la dignité humaine et la préservation de notre écosystème ? Ne pouvons nous envisager un nouveau Contrat Social et Ecologique pour tous ?
Savoir et Éducation : Vers une Réinvention Inclusive et Équitable
Le Savoir et l’Education sont les moteurs du progrès individuel et collectif. Ils permettent l’émancipation et la transmission des valeurs sociétales. Pourtant, l’Education, reconnue comme un pilier de la démocratie, reste marquée par des inégalités profondes. Le modèle actuel, conçu pour l’élite, perpétue une reproduction sociale qui exclut.
Ainsi, en France, l’Ecole de la République, à force de réformes, a fini par renforcer les clivages sociaux. Les élites accèdent à des formations prestigieuses tandis qu’une majorité subit les barrières de l’origine sociale ou géographique. Ce modèle limite l’accès à un savoir inclusif et universel.
C’est pourquoi le Savoir doit redevenir le levier de l’Egalité des chances. Le Savoir forme des citoyens capables de questionner, analyser et proposer des alternatives. Il valorise la diversité des cultures, structure l’esprit critique et accompagne les transformations. Une humanocratie éducative offre des outils et des parcours, faisant de l’école un lieu d’inclusion. En ce sens, la place de l’Intelligence Artificielle est à déterminer.
Comment repenser notre modèle éducatif pour en faire une force d’émancipation ? Comment garantir à tous un savoir reflétant la diversité et répondant aux enjeux critiques de notre temps ? L’éducation peut-elle cesser d’être un privilège pour devenir une ressource universelle ?
Economie et Technologie : Pour un Modèle Ethique et Inclusif dans l’Humanocratie
Le progrès technique, identifié par les révolutions industrielles, techniques, agricoles, médicales, numériques (…) a initié et/ou accompagné le progrès social. Si il apparaît sans contestation comme un vecteur de modernité, de croissance économique mais aussi d’amélioration de la qualité de vie, le progrès technique est aussi source de nombreux dysfonctionnements : sur production, sur consommation, pollutions d’une part ; consolidation des inégalités économiques et sociales d’autre part.
Car le progrès technique ne peut être déconnecté des réalités économiques qui le portent. Il se trouve pris dans les rouages de la finance au profit de quelques intérêts privés. Ainsi, les innovations numériques sont et/ou seront propriétés d’un petit nombre de milliardaires qui, par la création de monopoles, concentrent un pouvoir colossal. Ils sont en capacité d’acheter et de contrôler toute invention potentiellement menaçante pour leurs fortunes.
C’est pourquoi, en l’état actuel, la technologie sert principalement les desseins d’une finance déshumanisée et déshumanisante, où le profit prime sur l’éthique et l’équité. Pourtant, les intelligences artificielles portent en elles un potentiel considérable pour rééquilibrer cette dynamique. Loin des seules logiques de rentabilité, elles pourraient devenir des alliées précieuses dans la construction d’un modèle où la technologie serait mise au service de l’humain.
En recentrant la technologie autour du bien commun, ne serait-il possible et envisageable de poser les bases d’une gouvernance plus juste et d’une économie à échelle humaine ? Où chaque avancée technique répond aux besoins réels de la société ?
